L'huile de colza est vendue autour de 0,80 euros le litre, contre 2,30 euros pour le gazole. Illustration. (Silviarita / Pixabay)
Face à la hausse constante des prix du carburant, des automobilistes sont tentés de rouler à l'huile végétal, comme l'huile de colza ou de tournesol, bien moins chère que l'essence traditionnelle. Mais cette pratique fonctionne-t-elle vraiment et est-elle autorisée par la loi ? Capital s'est penché sur la question, ce jeudi 10 septembre 2026.
2,30 contre 0,80 euros le litre
Actuellement, le litre de SP95-E10 s'affiche au-delà des 2,12 euros en moyenne et celui du gazole avoisine les 2,30 euros. Des prix qui ne devraient pas redescendre de si tôt, en raison de la flambée du cours du pétrole, favorisée par les tensions au Moyen-Orient. De son côté, le gouvernement a balayé l'idée d'un plafonnement des tarifs à la pompe, d'une aide généralisée pour les automobilistes ou encore d'une réduction des taxes.
L'huile de colza, elle, est commercialisé autour de 0,80 le litre. Raison pour laquelle les propriétaires de certains véhicules diesel y ont recours, leur moteur étant capable de fonctionner avec de l'huile végétale. En revanche, la pratique n'est pas sans conséquence, et ce, à plusieurs niveaux.
Une pratique parfois tolérée
« Mettre de l'huile de colza dans son moteur diesel fonctionne, mais c'est illégal » , a rappelé le délégué général de 40 Millions d’automobilistes, Pierre Casseray, auprès de CNews , ce jeudi. En effet, le Code des douanes exclu ce type de produits de la liste des carburants autorisés, même s'il permet de rouler.
Cependant, comme le précise Ouest-France , il ne s'agit pas d'une infraction pénale, mais seulement douanière. En d'autres termes, utiliser de l'huile de colza n'expose pas à une contravention de la part de la police ou de la gendarmerie. « L’utilisation d’un véhicule roulant exclusivement à l’huile végétale et alimentaire reste tolérée en dehors des routes. Les agriculteurs et les pêcheurs sont même autorisés par la loi [...] à utiliser de l’huile végétale pure » , explique l’association Roule Ma Frite, qui produit du carburant à partir d'huile végétale usagée.
Un risque pour le moteur
Mais sur le plan douanier, les automobilistes contrôlés en infraction risquent une amende d'au moins 200 euros, comme l'explique France 3 Bourgogne-Franche-Comté . À cette sanction, s'ajoute le paiement des droits et taxes qui auraient dû être acquittés sur le gazole. Dans les cas les plus sévères, le véhicule peut même être saisi.
Toutefois, le véritable risque est mécanique. Utiliser de l'huile alimentaire peut endommager le véhicule, même lorsqu'il s'agit d'un moteur diesel, car tous ne sont pas adaptés à ce carburant. Elle peut affecter le système d'injection ou provoquer certaines pannes, entraînant des réparations parfois coûteuses. « Il faudra changer les pistons et le système d’injection. Remplacer le diesel par du colza, c'est une économie sur le moment mais pas une économie sur le long terme » , estime Christine Rousselle, autrice de plusieurs travaux de recherche sur les combustibles zéro carbone, auprès de France 3 .